Loin de toute phobie engendrée par ce nouveau siècle et de toute
manipulation sectaire, nous voulons dénoncer la politique fasciste
et sournoise mise en place par la Sacem qui n'a pour seul but
que de gagner toujours plus d'argent. Pour cela, elle tue l'associatif
bénévole, les entreprises qui ne veulent pas faire de profits
et décourage les agitateurs qui vivent dans l'amateurisme en
les obligeant à gérer leurs associations comme de véritables
sociétés. Ce qui a pour effet à moyen terme d'obliger toute
activité musicale à devenir professionnelle et donc de contribuer
aux différentes taxes, impôts et permis en tout genre. Notre
démarche est une goutte d'eau dans cet océan peuplé de requins
où les valeurs de respect et de solidarité sont dénaturées.
Notre démarche est un cri de souffrance dans cette société qui
a peur de l'incertitude et de son avenir. Une société qui veut
toujours tout contrôler et unifier pour réduire au maximum les
différences et l'originalité des esprits trop fertiles et libres.
Une société qui vit dans la peur de l'inconnu et qui depuis
la nuit temps cherche à expliquer les choses qu'elles ne peut
comprendre par son manque de technique ou d'intelligence jusqu'à
son existence même.
La Sacem est une arme du capitalisme dégénéré et dangereux
qui depuis des années nous empêche de vivre POUR la musique
dans un système qui vit DE la musique. Cette organisation à
l'image de l'état refuse les entreprises non-lucratives qui
ne servent à rien dans un engrenage économique qui ne peut accepter
les petites initiatives et encore moins le non-profit. Nous
refusons le professionnalisme et demandons le droit à l'amateurisme
sous toutes ses formes…
Il y a peu de temps , un ami qui venait d'organiser un
concert me téléphone pour me dire qu'un agent de la Sacem avait
eu la délicatesse de l'appeler au petit matin, le lendemain
d'un concert, ne perdant pas de temps, et en lui demandant de
lui régler une somme approchant les 300FF pour avoir organisé
un concert. Mon ami lui demanda pour quelle raison il devait
payer cette taxe alors qu'aucun groupe n'était inscrit dans
les registres de sa société et qu'aucun droit d'auteur n'avait
été violé durant la soirée. La réponse fut : " cette taxe a
pour rôle d'éviter que n'importe qui puisse organiser une manifestation…
Vous savez… organiser un concert, c'est un métier ! ". Ces propos
trahissent la dérive d'une politique qui enferme la culture
même à une petite échelle dans un schéma économique. Cela montre
qu'il est interdit aujourd'hui d'organiser des concerts pour
une structure non professionnelle. Vues les difficultés grandissantes
rencontrées par les petites associations, la Sacem réussira
bientôt à tuer l'associatif bénévole en imposant sa terrible
dictature dans le monde de la musique. Mais aussi dans les écoles,
car comme le dit son Président et de manière totalement naturelle,
il faudra instaurer des cours de civisme chez les plus jeunes
pour leur apprendre le respect des biens d'autrui et des lois
en général… Pourquoi pas leur donner des uniformes noirs et
leur demander de réciter les 12 commandements capitalistes de
la pieuvre pendant chaque récré ?
Alors maintenant, non seulement il faut demander l'autorisation
à la SDRM (la Sacem) pour organiser un concert mais en plus
vous devez payer des taxes même si aucun artiste n'a souscrit
d'assurance à celle-ci ! Ce qui montre bien que la musique n'est
pas libre d'expression. Dans le futur, on placera des mouchards
dans vos orifices intimes pour détecter la moindre note de musique
assimilée. Puis vous passerez au péage immédiatement grâce à
votre porte monnaie électronique placé sur ce qui vous restera
de cerveau. Alors bien sûr, la sempiternelle excuse, c'est que
la musique n'est pas libre car elle appartient à son auteur
et à son compositeur et que la Sacem protège tous leurs droits.
Et bien, je pense que la musique appartient déjà à la Sacem,
et qu'elle prend aux petits pour donner aux riches seigneurs
Halliday et Goldman… La Sacem n'est ni Zorro ni Robin des Bois
! Il faut arrêter de croire toutes ces conneries. Mais je l'avoue,
ce côté protecteur qu'elle essaye de se donner, a tout pour
légitimer ses actions fascistes. Elle mettra en place une loi
qui obligera les associations à reverser la T.V.A. ce qui interdira
toute association à but non lucratif. Je vous laisse deviner
la panoplie de mesures contraignantes qui auront pour effet
de décourager les petites structures alimentées uniquement par
la passion et qui devront laisser place à des organisations
véreuses incapables de fonctionner de manière autonomes puisqu'elles
devront s'alimenter de subventions en apprenant les règles d'or
de la suce, de la compétition, du profit, de la haine, du mépris
et du compromis.
A long terme, je pense qu'il restera les grosses maisons de
disques et puis les rebelles qui sont alimentés par une force
qui ne prend pas racine dans l'argent et qui resteront insaisissables
et donc incontrôlables. Les autres seront bouffées par des requins
plus gros ! La politique de la Sacem se caractérise par exemple,
par de nouvelles taxes sur la billetterie ou sur le droit de
manifestation. Mais elle oblige aussi les associations à obtenir
des licences de spectacles. Je viens de recevoir un questionnaire
de l'Université de Lille qui est chargée de définir les bases
de ces formations professionnelles dans les métiers de la musique.
Il demande que chaque activiste puisse participer à la formation
des jeunes amateurs… Pourquoi pas ? Au fond, c'est pas très
méchant mais ça commence à être franchement drôle ou énervant
(si on pense aux subventions absorbées), lorsque j'apprends
qu'a Amiens, ils vont sortir une demi douzaine de manageurs
professionnels pour la région ! Alors qu'aujourd'hui, la Picardie
ne possède aucun groupe professionnel et que chaque manager
doit avoir au minimum trois groupe pour espérer vivre… La situation
est comique ! Le seul moyen de faire grandir la musique dans
cette putain de région c'est de foutre la paix aux petites initiatives
et de libérer les jeunes de toutes contraintes sociales et administratives.
La musique est d'abord un réflexe naturel, une jouissance sensorielle
qui doit devenir une passion avant d'être un métier… A mon avis,
ils veulent combattre le chômage en demandant aux jeunes de
devenir manager et masseur de fly-caisses. En d'autres termes,
de palper des thunes sur le dos des artistes tout en formant
de parfaits collabos de la Sacem qui portent le costume de Zorro,
le défenseur des petits artistes piratés par les méchants internautes.
Celui qui signe tous les CD d'un S qui veut dire Sacem ! C'est
managers porteront la panoplie du parfait musicien professionnel
obéissant et respectueux des lois suceuses dans un monde musical
capitalisé à l'extrême qui ressemble étrangement à une vie culturelle
des Communes tout à fait abjecte où les gastéropodes en Mer
de Chine s'agrémentent délicieusement de Meusault subtil et
délicat… Mon cul, vive le Fous de Bassan et les Guillemots mangeurs
de betteraves sucrières ! La Sacem, n'est malheureusement qu'un
exemple parmi d'autres dans cette politique globale qui nage
dans un système capitaliste à l'extrême… L'évolution logique
de l'humanité vers son désastre. Un monde privé de saveurs et
de couleurs calquées sur le fonctionnement d'une puissance mondiale
sans histoire et nombriliste au nom évocateur : les Etats-Unis.
Par son passé fasciste et donc par son rôle premier de supprimer
les formes incorporelles d'expressions qui génèrent la réflexion
et la rébellion, la Sacem est pour nous aujourd'hui une forme
de fascisme déguisée. Sa politique mènera à une révolution culturelle
qui à l'heure du numérique et de l'Internet aura un effet dévastateur
et regrettable pour tous. A long terme, nous allons vers une
scène artistique réduite et exclusivement professionnelle rentable
pour l'état et conforme à la politique de monopole que la Sacem
réussit à instaurer. La spontanéité ne sera plus d'actualité
et l'originalité fera partie du passé. Aujourd'hui les grosses
industries du disque sont en état d'alertes à cause des nouveaux
supports révolutionnaires. La popularisation du format MP3 et
du graveur de CD-Rom a complètement fait exploser le monde de
la musique. Du coup, tout le monde s'agite y compris la Sacem.
Ces requins sont obligés de faire un pacte avec la technologie
tout en espérant ralentir la production des graveurs, en taxant
la fabrication de CD-Rom et surtout en contrôlant la diffusion
des MP3. Toute cette agitation se répercute à tous les niveaux
et même chez les petits activistes de la scène alternative…
Alors pour tout ça, Sacem, je pisse sur ta statuette et implore
tous les pigeons de la Terre à se rebeller et à lancer leurs
fientes géantes sur ton bronze verdâtre de puanteur !