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LES COLONNES DE WIL... Quelques extraits !
Loft Story ou comment banaliser la télésurveillance(wil#20)
Petite réflexion sur le naufrage de l'Erika(wil#19)
La Sacem, tueuse de l'associatif bénévole(wil#19)

La Sacem, tueuse de l'associatif bénévole.

Loin de toute phobie engendrée par ce nouveau siècle et de toute manipulation sectaire, nous voulons dénoncer la politique fasciste et sournoise mise en place par la Sacem qui n'a pour seul but que de gagner toujours plus d'argent. Pour cela, elle tue l'associatif bénévole, les entreprises qui ne veulent pas faire de profits et décourage les agitateurs qui vivent dans l'amateurisme en les obligeant à gérer leurs associations comme de véritables sociétés. Ce qui a pour effet à moyen terme d'obliger toute activité musicale à devenir professionnelle et donc de contribuer aux différentes taxes, impôts et permis en tout genre. Notre démarche est une goutte d'eau dans cet océan peuplé de requins où les valeurs de respect et de solidarité sont dénaturées. Notre démarche est un cri de souffrance dans cette société qui a peur de l'incertitude et de son avenir. Une société qui veut toujours tout contrôler et unifier pour réduire au maximum les différences et l'originalité des esprits trop fertiles et libres. Une société qui vit dans la peur de l'inconnu et qui depuis la nuit temps cherche à expliquer les choses qu'elles ne peut comprendre par son manque de technique ou d'intelligence jusqu'à son existence même.

La Sacem est une arme du capitalisme dégénéré et dangereux qui depuis des années nous empêche de vivre POUR la musique dans un système qui vit DE la musique. Cette organisation à l'image de l'état refuse les entreprises non-lucratives qui ne servent à rien dans un engrenage économique qui ne peut accepter les petites initiatives et encore moins le non-profit. Nous refusons le professionnalisme et demandons le droit à l'amateurisme sous toutes ses formes…

Il y a peu de temps , un ami qui venait d'organiser un concert me téléphone pour me dire qu'un agent de la Sacem avait eu la délicatesse de l'appeler au petit matin, le lendemain d'un concert, ne perdant pas de temps, et en lui demandant de lui régler une somme approchant les 300FF pour avoir organisé un concert. Mon ami lui demanda pour quelle raison il devait payer cette taxe alors qu'aucun groupe n'était inscrit dans les registres de sa société et qu'aucun droit d'auteur n'avait été violé durant la soirée. La réponse fut : " cette taxe a pour rôle d'éviter que n'importe qui puisse organiser une manifestation… Vous savez… organiser un concert, c'est un métier ! ". Ces propos trahissent la dérive d'une politique qui enferme la culture même à une petite échelle dans un schéma économique. Cela montre qu'il est interdit aujourd'hui d'organiser des concerts pour une structure non professionnelle. Vues les difficultés grandissantes rencontrées par les petites associations, la Sacem réussira bientôt à tuer l'associatif bénévole en imposant sa terrible dictature dans le monde de la musique. Mais aussi dans les écoles, car comme le dit son Président et de manière totalement naturelle, il faudra instaurer des cours de civisme chez les plus jeunes pour leur apprendre le respect des biens d'autrui et des lois en général… Pourquoi pas leur donner des uniformes noirs et leur demander de réciter les 12 commandements capitalistes de la pieuvre pendant chaque récré ?

Alors maintenant, non seulement il faut demander l'autorisation à la SDRM (la Sacem) pour organiser un concert mais en plus vous devez payer des taxes même si aucun artiste n'a souscrit d'assurance à celle-ci ! Ce qui montre bien que la musique n'est pas libre d'expression. Dans le futur, on placera des mouchards dans vos orifices intimes pour détecter la moindre note de musique assimilée. Puis vous passerez au péage immédiatement grâce à votre porte monnaie électronique placé sur ce qui vous restera de cerveau. Alors bien sûr, la sempiternelle excuse, c'est que la musique n'est pas libre car elle appartient à son auteur et à son compositeur et que la Sacem protège tous leurs droits. Et bien, je pense que la musique appartient déjà à la Sacem, et qu'elle prend aux petits pour donner aux riches seigneurs Halliday et Goldman… La Sacem n'est ni Zorro ni Robin des Bois ! Il faut arrêter de croire toutes ces conneries. Mais je l'avoue, ce côté protecteur qu'elle essaye de se donner, a tout pour légitimer ses actions fascistes. Elle mettra en place une loi qui obligera les associations à reverser la T.V.A. ce qui interdira toute association à but non lucratif. Je vous laisse deviner la panoplie de mesures contraignantes qui auront pour effet de décourager les petites structures alimentées uniquement par la passion et qui devront laisser place à des organisations véreuses incapables de fonctionner de manière autonomes puisqu'elles devront s'alimenter de subventions en apprenant les règles d'or de la suce, de la compétition, du profit, de la haine, du mépris et du compromis.

A long terme, je pense qu'il restera les grosses maisons de disques et puis les rebelles qui sont alimentés par une force qui ne prend pas racine dans l'argent et qui resteront insaisissables et donc incontrôlables. Les autres seront bouffées par des requins plus gros ! La politique de la Sacem se caractérise par exemple, par de nouvelles taxes sur la billetterie ou sur le droit de manifestation. Mais elle oblige aussi les associations à obtenir des licences de spectacles. Je viens de recevoir un questionnaire de l'Université de Lille qui est chargée de définir les bases de ces formations professionnelles dans les métiers de la musique. Il demande que chaque activiste puisse participer à la formation des jeunes amateurs… Pourquoi pas ? Au fond, c'est pas très méchant mais ça commence à être franchement drôle ou énervant (si on pense aux subventions absorbées), lorsque j'apprends qu'a Amiens, ils vont sortir une demi douzaine de manageurs professionnels pour la région ! Alors qu'aujourd'hui, la Picardie ne possède aucun groupe professionnel et que chaque manager doit avoir au minimum trois groupe pour espérer vivre… La situation est comique ! Le seul moyen de faire grandir la musique dans cette putain de région c'est de foutre la paix aux petites initiatives et de libérer les jeunes de toutes contraintes sociales et administratives. La musique est d'abord un réflexe naturel, une jouissance sensorielle qui doit devenir une passion avant d'être un métier… A mon avis, ils veulent combattre le chômage en demandant aux jeunes de devenir manager et masseur de fly-caisses. En d'autres termes, de palper des thunes sur le dos des artistes tout en formant de parfaits collabos de la Sacem qui portent le costume de Zorro, le défenseur des petits artistes piratés par les méchants internautes. Celui qui signe tous les CD d'un S qui veut dire Sacem ! C'est managers porteront la panoplie du parfait musicien professionnel obéissant et respectueux des lois suceuses dans un monde musical capitalisé à l'extrême qui ressemble étrangement à une vie culturelle des Communes tout à fait abjecte où les gastéropodes en Mer de Chine s'agrémentent délicieusement de Meusault subtil et délicat… Mon cul, vive le Fous de Bassan et les Guillemots mangeurs de betteraves sucrières ! La Sacem, n'est malheureusement qu'un exemple parmi d'autres dans cette politique globale qui nage dans un système capitaliste à l'extrême… L'évolution logique de l'humanité vers son désastre. Un monde privé de saveurs et de couleurs calquées sur le fonctionnement d'une puissance mondiale sans histoire et nombriliste au nom évocateur : les Etats-Unis. Par son passé fasciste et donc par son rôle premier de supprimer les formes incorporelles d'expressions qui génèrent la réflexion et la rébellion, la Sacem est pour nous aujourd'hui une forme de fascisme déguisée. Sa politique mènera à une révolution culturelle qui à l'heure du numérique et de l'Internet aura un effet dévastateur et regrettable pour tous. A long terme, nous allons vers une scène artistique réduite et exclusivement professionnelle rentable pour l'état et conforme à la politique de monopole que la Sacem réussit à instaurer. La spontanéité ne sera plus d'actualité et l'originalité fera partie du passé. Aujourd'hui les grosses industries du disque sont en état d'alertes à cause des nouveaux supports révolutionnaires. La popularisation du format MP3 et du graveur de CD-Rom a complètement fait exploser le monde de la musique. Du coup, tout le monde s'agite y compris la Sacem. Ces requins sont obligés de faire un pacte avec la technologie tout en espérant ralentir la production des graveurs, en taxant la fabrication de CD-Rom et surtout en contrôlant la diffusion des MP3. Toute cette agitation se répercute à tous les niveaux et même chez les petits activistes de la scène alternative… Alors pour tout ça, Sacem, je pisse sur ta statuette et implore tous les pigeons de la Terre à se rebeller et à lancer leurs fientes géantes sur ton bronze verdâtre de puanteur !

Chris Pelle

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