Nothing
More Date : avril 1997. Réalisation : Chris
Interview tirée du Wil n°8.
Comment être sérieux
avec ce groupe avec qui nous patageons délires et
mauvaises haleines, canettes de bières et danses
folkloriques. Comment négocier le truc sans toucher
la débilité profonde qui remue en moi les
toisons magiques de l'hiver. Je suis sur l'autoroute qui
mène à Ronchy les deux Eglises. Le trio est
là, dans ma Ford Capris1966, sur la banquette arrière
en peau de hyène brune du désert, accompagné
deJD et de Chloé, leurs deux acolytes, qui regardent
le paysage monotone et tranquille par les hublots latéraux...
Enfin, nous arrivons au studio où des ânes,
poules, oies, cochons et autres dindons nous acceuillent
la gueule ouverte, tout le monde hallucine !
Et si on commençait
par un petit "flash-back", vu que vous êtes
déjà un peu vieux, racontez-nous la storia
des NM. Françis : Il faut remonter à l'age
de pierre taillée ou paléolithique pour retrouver
des traces de nos premières répétitions.
Nous vivions de la chasse, de la pêche et de la cueillette
des fruits. Nous nous servions d'instruments tranchants
tel le silex. Nous avions élu domicile dans les grottes
de la Madeleine où i lreste d'ailleurs quelques belles
peintures nous représentant avec des poules, des
hamster ou des mammouths pour les plus en forme, dénotant
une avance sur ce qui allait s'appeller beaucoup plus tard,
le hard-core.
Aujourd'hui quelles sont vos influences vaginales ? Yannick : Avec plein de poils et de Snuff ! Françis : 13 et 3 avec une faible pilosité.
Qu'est-ce qui vous motive à répéter
encore plusieurs fois par semaine alors que tout le monde
écoute la techno ? Yannick : On a toujours envie d'avancer, de progresser
encore et toujours.... Françis : On a acheté nos instruments
à crédit, la dernière échéance
est en 2012, c'est une question d'amortissement. Et puis
la techno ne remplacera pas le plaisir que procure un groupe
"live", c'est bien une chose que la mode de la
techno ne reproduira pas.
Qu'est-ce qui vous manque pour faire cet album que tout
le monde attend ? Stéphane : On aimerait élargir notre
cercle d'amis et avoir plus de contacts pour que éventuellement,
nos amis achètent nos disques. Françis : On ne peut pas faire un album juste
pour dire qu'on l'a fait. Je pense qu'il faut que ce soit
l'aboutissement d'un réel travail, d'une évolution,
et n'étant pas arriciste, nous ne voulons pas forcer
le destin, même si on y pense à cet album !
Vous allez enregistrer avec soup toxic... Vous êtes
prêt a rester deux jours avec eux avec le pastis,
les barbecues, les gonzesses et les requins dans la piscine
? Françis : Ah ouais... Je ne savais pas qu'en plus
on enregistrait un film de...d'aventure! Yannick : Je voudrais juste connaître les mensurations
des gonzesses et les dimenssions de la piscine... Ya de
l'eau dedans ? Stéphane : Pendant 2 jours, ça fait combien de barbecues
parce que ça bouffe un nothing more.
Cette année, vous allez participer au Printemps
de Bourges... ça représente quoi pour vous
? Françis : C'est incroyable, surtout comme
ça s'est passé... Les Burning Heads nous filent
un coup de main, merci à eux et à Filox! Notre
but est de faire découvrir notre musique à
un maximum de gens. Je crois que Bourges est l'endroit idéal.
Ne pensez-vous pas que le hardcore et même la musique
rock est de plus en plus élitiste et que si ça
continue, faute de public, le"s groupes seront obligés
de jouer gratuitement un peu partout. Car les organisateurs
qui ne rentrent jamais dans leurs frais, ne pourront plus
payer les groupes ? Stéphane : Nous jouons déjà
gratuitement, c'est bien, si nous ne perdons pas d'argent
! Ce système est fait logiquement pour ne pas perdre
de thune aux groupes alors que la plupart du temps ce n'est
pas le cas. Ne serait-ce à cause de la location du
camion et des péages ! Yannick : euh...pareil! Françis : Nous évoluons dans la marginalité et c'est
tant mieux. Mais i lfaudrait plus de considération vis a
vis de la musique en général pour que des musiques comme
la notre puissent se contenter des grosses miettes.
Heureusement, vous êtes le groupe le plus gentil
de la Terre... Je suis sûr que lorsqu'il n'y aura
plus personne pour voir les concerts et forcément
il n'y aura plus personne pour en organiser... Alors, roulera
le Bedford immaculé de blanc avec les roues qui tournent
au vent et Yannick qui racontera des histoires vachement
drôles ? Françis : Hey, c'est bizarre que tu fasses
la conclusion au milieu de l'interview...T'es sûr
que ça va ? En plus, tu fais les quéstions
et les réponses, t'es bourré ou quoi ? Yannick : Euh, c'est quoi la quéstion ? ... Préfère
mes histoires ! Françis : Monsieur et Madame Bedford ont un fils...
ah ! ah ! ah ! (rire collectif sauf moi, pas compris!)