Ulan Bator Date : Octobre 1996. Réalisation : Christophe Menu
Interview tirée du Wil n°4.
Paris, le 29 octobre 1996, Christophe
Menu s'infiltre chez Armaury Camburzat, le chanteur du groupe
Ulan Bator.
Malgré le succès actuel
du groupe, vous restez peu connu du grand public alors peux-tu
nous présenter ta formation ?
Au départ, il y avait Olivier à la basse et
moi même. Nous avons monté un groupe qui s'appellait
Miss Marvel. Puis, nous avons décidé de créer
un studio dans une mine de craie et c'est là que
nous avons fait la connaissance de Franck qui allait devenir
notre batteur. On a donc commencé les premières
répètitions dans ce studio et en avril 95
nous avons sorti notre premier album. Un split ep a suivi
puis un second album en mai 96. Franck vient plutôt
de l'école Dog Faced Hermanns. Olivier et moi étions
barrés Unsane et Sonic Youth... Mais nous étions
également attirés par des groupes plus expérimentaux
comme This Heat.
Les enregistrements de Ulan Bator font preuve d'une incontestable
richesse sonore où chaque morceau dégage une
ambiance particulière, ne vous voyant jamais sur
scène, est-ce que vous attachez de l'importance à
la reproduction fidèle de votre musique en concert
ou laissez-vous une part à l'improvisation ?
On essaye de reproduire le mieux possible l'ambiance qui
se dégage des morceaux sans forcément utiliser
les mêmes éléments. En studio, il peut
y avoir une guitare doublée ou je ne sais quoi alors
que sur scène il n'y a aucun sample et très
peu d'effets, d'ailleur nous n'avons pas de pédales
d'effets. On utilise juste un trémolo sur l'un des
morceaux. Il faut que le public retrouve un peu l'atmosphère
de l'album sur scène alors on joue les morceaux de
manière à les rendre plus "scénique".
Votre musique est peut-être un peu inaccessible
pour certains, penses-tu qu'il y ait un public en France
?
Il y a forcément un public plus grand qu'on peut
l'imaginer mais il faut le réveiller et alors...
Des groupes comme Hint, Bästard ou Sister Lodine font
également du rock un peu décalé, une
musique expérimentale qui explose déjà
dans les fanzines, je pense que les gens sont là
mais qu'ils n'ont pas complétement accès à
ce style de musique !
Peux-tu nous parler du split avec Etage34 ? Quels sont
vos rapports avec leur guitariste, Dominique Réprécaud
?
Ce disque est sorti début novembre sorti sur un label
de Lyon. Le label de Stéphane Nonie, Popov Island.
Il avait demandé un titre à Etage34 et puis
il a pensé à nous pour la face B. Il y a pas
mal de similitudes entre Etage34 et Ulan Bator. Nous faisons
de la musique pour les mêmes raisons et notre côté
"improvisation" nous rapproche d'eux. Nous avons
d'excellents rapports avec Dominique, c'est un superbe guitariste
et de plus il n'a pas hésité à nous
programmer au festival Musique Action à Nancy alors
qu'il nous avait jamais vu sur scène. Il aime prendre
des risques et on s'entend bien pour ça.
Au delà de l'aide financière, qu'est-ce
que le Fair vous a apporté ? Les mecs nous apportent leur aide au niveau de la gestion
du groupe. Il peuvent nous aider à trouver un manager,
un tourneur ou nous aider à trouver des stages.
Comment vois-tu l'évolution du groupe à
court terme ? Après ce split avec Etage34, nous allons travailler
sur un autre split EP fin décembre avec les Molecules,
un groupe d'Oakland. Et après le s Transmusicales
de Rennes, nous allons nous enfermer dans notre carrière
de craie pour bosser sur un prochain album qui devrait sortir
en mars 97.