Numéro
21 (Edito à guichet fermé) Texte : Chris
Des prairies
de caresses semées de fèves de cacao pour l'autre
herbivore qui oublie encore une fois de payer son addition. On
vit toujours avec des morts Avec des sangsues malignes gonflées
de germes de peste et coriaces comme des ogives nucléaires
Avec des parasites, des branleurs d'océan, la gueule comme
des couteaux, qui profitent comme toujours et dissèquent
votre amitié encore vivante, sans anesthésie ! Comment
la nature a pu modeler ces formes incongrues qui flottent comme
des cadavres de chiens lorsque la crue a finalement décidé
de vous emmerder La brume mortelle qui aveugle les imprudents
aura encore eu raison de moi Ce n'est pas grave, crie la
baronne sur son perchoir centenaire. Rien n'est grave quand on
est vieux ! Il faut pédaler pour avaler la soupe et faire
glisser le savon dans le cratère. Sinon on est heureux
de vivre c'est tout C'est comme ces gens qui hurlent "
putain de clébard ! " lorsqu'ils marchent dans la
merde. Encore heureux, ces gens la, qu'ils aient des chaussures.
Des enfants abandonnés comme des cailloux en soleil et
qui jettent leurs mégots sur les barbelés pour se
faire pêter la gueule. Des masques de carnaval pour les
grandissants qui vendent à la télé leur histoire
de cinglé. En attendant, je prépare le prochain
repas des autres, ceux qui n'ont pas d'yeux et qui regardent tranquilles
s'écraser les jours en se disant que bientôt il faudra
se lever pour aller pisser. Le sillon encrassé, je tourne
le crayon dans ma bouche en espérant m'étouffer
et finir mes jours pénard à la station des non traités.
Mon amour porte son biberon comme un trophée le long du
corridor où les petits planteurs aux crocs étincelants
s'exercent sur des circuits imprimés J'ai découvert
le véritable amour ! Pour le protéger, je construirais
des bagnes pour enfermer mes idées et calmer mon envie
de grandir. J'irais traîner ma gueule du côté
du parloir pour gonfler l'estomac des requins. Seul sur cette
île, car je l'ai lu dans un livre, un jour viendra où
je trouverais l'envie d'écrire des conneries et de continuer
à faire ce fanzine
En plus, y'a de bonnes raisons de le croire, nous allons maintenant
sortir deux numéros par an. Car cette nouvelle gestion
va peut-être nous le permettre. Je remercie donc tous les
labels qui nous soutiennent en passant un encart sur nos pages
et les groupes qui ont participé au sampler. Sans eux,
nous serions obligés de mettre un terme à cette
aventure fantazinesque ! Car si nous n'arrivons pas à fédérer
les énergies et les idées débrouillasses,
pour nous tenir chaud et nous remplir la tête pendant ce
long hiver culturel, j'ai bien peur qu'il ne faille prendre sa
harpe à son coup ! J'imagine des artistes naviguant sur
les mers calmes tels une troupe de troubadours aux cerveaux vidés
remplissant à l'infini les petites cases des cartons pliants,
ces déclarations de situation mensuelle Le seul moyen
de donner envie aux gens de se cultiver en bougeant leur gros
cul, c'est de brûler leurs téléviseurs. Car
le problème est facile à comprendre, les gens aiment
la culture mais plutôt cathodique, la culture, avec son
dolby stéréo et DVD en chargement automatique. Pourquoi
aller voir un spectacle et se faire chier a garer sa caisse sur
des clous pour se prendre un P.V. ? Pourquoi sentir la sueur des
autres si on peut rester chez soi en pétant allégrement
sur son canapé tout en se grattant les couilles ou la chatte
Il faudrait filmer les concerts et les retransmettre sur Internet
en faisant payer les cyber-entrées. En plus, plus besoin
de jouer à 110 décibels et de voir débarquer
les flics. On pourrait fabriquer des mannequins qui bougent la
tête en fumant des pétards et construire des faux
bars avec des bouteilles en plastique pour créer l'illusion
Je salue Jean-Paul Follain qui depuis des années réalisait
les couvertures de Wil et avait donné une identité
au zine Mais comme disait un poète du Second Empire,
toutes les bonnes choses ont une fin ! Un grand merci également
aux amis qui font quelques chroniques mais très franchement
j'aimerais trouver une personne qui s'investisse vraiment et de
manière régulière afin de me soulager de
mes heures endivement burlesques. Je ne parle même pas financièrement
mais uniquement au niveau du temps Car il en faut pour sortir
ce genre de torchon. Alors si vous aimez Mylène Farmer,
contactez-moi vite, merci Si vous êtes cette personne
et que vous avez en plus une forte poitrine, ça m'intéresse
!