Numéro
20 (Edito dans la rue...) Texte : Chris / Artworks : Jean-Paul Follain
"
Y peuvent pas attendre ceux-là, putain !? "
Ceux-là ne sont pas français.
Mais à Paris, il ne faut pas demander au comptoir sa consommation
car un
serveur vient toujours vous voir. L'amabilité légendaire
des bistrots parisiens n'est plus à démontrer !
Heureusement que les touristes ne comprennent pas le français
! Plus tard, le serveur m'arrache des mains mon billet de 100
sac et s'exclame en cherchant nerveusement la monnaie dans ses
poches : " Y zont que des billets de 100 balles aujourd'hui
! " Bienvenus à Paris ! Arrivés dans
la capital, nous avions oublié sa puanteur et sa chaleur
innommable que des milliers d'enculés de capitalistes,
et ceux qui ne le sont pas, dégagent chaque jour. Le fanzine
n'était pas terminé et il restait quelques jours
avant que je reprenne le taf. Cette petite semaine au pays du
comté à pâte jaune et de l'anis distillé
nous avait fait un bien fou.
Parce que la rue c'est comme une poignée de main, une merde
de chien ou un pneu qui grince. C'est aussi le lieu de tous les
imprévus ou des rendez-vous habituels. Mais c'est aussi
un bon moyen d'ouvrir sa gueule pour combattre l'exclusion globale
de l'individualité. La France continue de prélever
la précarité en contrôlant le peuple à
l'aide de subventions diverses. Nous
vivons cette nouvelle économie socialo-communiste qui place
l'Etat au-dessus des lois. Le reste des grandes puissances est
représenté par des fascistes d'un genre capitaliste
sans état d'âme ! Alors, l'actualité qui défile
dirige mes pensées sur l'origine des animaux postérieurs
vivant sur d'anciens fonds marins en Mer de Chine. Mais je pourrais
aussi bien m'inventer des embryons en écoutant l'une de
ces merdes de groupes hardcore qui propage la haine et l'intolérance.
Je me demande si leur régime intellectuel défaillant
est à mettre
sur le compte des compagnies agroalimentaires de la nouvelle Angleterre.
Ce même polygone dirigé par les descendants directs
des colonisateurs blancs qui chiaient a-i-e-n-t... sur les côtes
de la Mer des Antilles.
Des Africains cherchent un rêve commun face à la
gare du Nord. Encore combien de temps vont-ils supporter ces rectangles
aussi rudimentaires qu'une pensée empirique qui séparent
leur continent privé de valeurs boursières ? L'Afrique
est condamnée à devenir une réserve géante
pour milliardaires américains qui emmèneront leurs
enfants obèses bouffer des
glaces le long des barrières électriques. Vous l'aurez
votre Jurassique Parc avec vos éléphants, vos impalas
et vos hyènes tachetées ! Les hommes pourront se
réfugier sur les rivages abandonnés par la faune
marine car la mafia japonaise a un faible pour les bancs poissonneux
et le bois précieux.Ils n'ont pas fini de nous faire chier
avec leurs sushi du Périgord Vraiment, il n'y a que
la naissance de ce petit indien qui m'appellera bientôt
"papa"
qui me remplit de joie ! J'ai même pensé faire un
ultime numéro tellement j'en ai marre de me ruiner la santé
et de chercher toujours des thunes pour faire les choses du label.
Je vais peut-être regarder pousser les Ruines de Rome sur
les pierres de ma maison en écoutant les mobylettes me
crever les tympans.
Nous sommes quand même très soulagés de vous
présenter enfin ce 20ème numéro de Wil dont
la gestation a dépassé largement celle d'un Morse
du cercle arctique ou d'un pachyderme perdu au Mozambique. J'en
profite pour ouvrir une bonne bouteille de vin jaune du Jura 100%
Savagnin anti-con Et je bois à la santé du hardcore
et à Anvers ! Il est vendu 30F accompagné uniquement
de son CD. Le financement est totalement privé et nullement
subventionné si ce n'est par quelques labels indépendants
qui veulent bien faire un peu de pub dans nos pages. Je voulais
les remercier ouvertement pour leur participation. Nous espérons
que tous nos efforts seront récompensés par des
petits mots d'encouragement et par l'honneur que vous nous ferez
en achetant ce nouveau numéro.