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Numéro 16  (Editorial pour garder la forme - oct98)
Texte : Chris / Artworks : Claire

Même les souricates habiles guettant le ciel qu'une buse bien crétine les devine, auront dévoré le ciel. Jaques Martin aura brûlé son dernier été et les champs de blés souffleront des pop-corns grillés enrobés de gerbe sucrée dans les supermarchés... Les contrôleurs sont partout !

C'est comme s'ils étaient plusieurs ; C'est peut-être à cause du chômage ou de la chaleur excessive qu'ils proliférent comme des champignons après les premières pluies d'été. L'Etat aurait-il trouvé la solution miracle au déclin social en transformant les gens en gendarmes téléguidés pour citoyens assistés ? Un fils de pute me demande mon titre de transport avant même le départ du train. Et puis c'est l'escalade vers la connerie fonctionnariale. Comme disait Coluche, pour reconnaître les cons ont leur met des uniformes. D'ailleurs, arrivé en gare du Nord, je visite le bureau d'immigration et je repars avec une ammende de 406F pour avoir refusé de donner mon identité à cette salope... Ce sont certainement des envahisseurs tous vêtus d'uniformes bleus... Bleu comme le ciel, bleu comme l'espace. Même à la sortie de la gare, des contrôleurs pauvres sans uniformes contrôlent ma charité. Désolé, mais j'aime pas les cons même s'ils sont pauvres... Et oui, je me surprends même à ne plus regarder les pauvres tellement ils sont nombreux, à peine un regard pour les vieux et les enfants !

Vraiment, les contrôleurs sont partout et il n'est pas rare de se faire contrôler plusieurs fois dans la journée. Je déteste cette ville : ses hypocrites véreux, ses artistes mendiants et ses poubelles vertes comme la chlorophylle ; Je déteste Paris pour ses innombrables véhicules qui polluent l'air et remplissent le silence de klaxons mais aussi pour ses marteaux piqueurs qui défoncent le bitume toute l'année ; Je déteste Paris pour ses bâtiments alignés à l'infini qui effacent l'horizon et ses entrées de métro où des myriades d'euro-dollars surgissent à la surface comme si l'enfer gerbait son trop plein d'enculés. Enfin, je déteste Paris et ses Parisiens avec leur mentalité à deux francs, qu'ils gardent leur sourire pour les contrôleurs et qu'ils grandissent dans l'argent, la fiérté et l'avarisme.
Pour toi, je transformerais ce béton en roche et ferai couler de larges rivières sur ces avenues puantes. Les horodateurs se changeront en arbres et nous coulerons tous les deux jusqu'à l'Arc de Triomphe où des peuplades grillés nous réserveront les plus belles fleurs, remplissant nos coeurs d'épices subtiles. A moins que je puisse t'oublier dans la brume matinale, je serais là, caché dans les mines de sel à attendre des lendemains fragiles. Les bouffons resteront dans le petit étang à s'enculer comme des tanches et plus loin, je regarderai passer les pèlerins glisser sur le petit pont de bois... Et comme disait l'aimé Aznavour, j'en déduis que je t'aime.

Et même si je ne reverrai jamais Tomy, mon chat disparu durant l'été meurtrier où comme tous les ans des groupes disparaissent et d'autres arrivent la fleur au fusil, les 10 prochaines années se feront avec nous ! A moins qu'à 40 ans, la poussière et la rouille ne nous donne d'autres préoccupations. En attendant, je vous prie de bien vouloir nous pardonner de ce long silence et de continuer à nous soutenir pendant l'hiver qui arrive plus vite chaque année... Pourtant, nous n'avons pas chaumé pendant ces 6 mois. Mais le stand by de Soup toxic, qui avait l'avantage de nous rassembler, nous a fait beaucoup de mal. Nous revenons avec un nouveau batteur et de nouvelles compos pour la fin de l'année. Si des gens par chez vous sont prêts à nous acceuillir, nous serions très heureux de fuir cette région morbide où l'ennui engendre la violence et la bêtise. On envisage de sortir un petit album avant le changement de siècle, avant d'être trop vieux pour faire du punk, avant de mourir de routines bien huilées comme la pluie après le beau temps, les pets après un bon repas ou la gerbe après une bonne cuite.

Amitiés Sur Mer,

Chris Pelle

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